L’approche pédagogique

L’approche « pédagogique »:

Elle est en liaison directe avec les « situations pédagogiques » et relève davantage de la praxéologie[4] . La P.F. s’appuie sur les principes suivants : (liste non exhaustive)

  • Penser la globalité de la pédagogie en rapport avec la globalité de l’être ;
  • Ouvrir la classe, l’école sur la vie et la société moderne. L’unité de l’action éducative ne sera pas coupée de la vie de l’enfant et de la société ;
  • Adapter l’école à l’enfant : « une école active et sur mesure » [5] ;- Respecter les rythmes biologiques et sociaux des enfants[6] ;
  • Placer l’enfant au centre des processus d’enseignement ; (acteur de ses apprentissages)
  • Donner du sens aux apprentissages. « Nous ne tayloriserons pas l’abrutissement des masses scolaires par une acquisition sans vie que ne motive aucun besoin scolaire ni social. »[7] ;
  • Permettre l’apprentissage par l’action[8] ;
  • L’éducation du travail. « L’école doit rester l’école du travail. (…) Que l’étudiant se livre aux fantaisies intellectuelles qui lui plairont, mais pas avant de s’être acquitté de ses premiers devoirs sociaux, c’est-à-dire d’avoir contribué par son travail à créer la richesse sociale. »[9] ;
  • Permettre et favoriser le « tâtonnement expérimental », « démarche naturelle  et universelle« [10]   d’apprentissage selon C. FREINET. (Cf. « l’apprentissage par essais-erreurs »[11]  ; la méthode « heuristique »[12] ; le modèle d’apprentissage « allostérique »[13] ) ;
  • Instaurer la confrontation socio-cognitive[14] qui vient compléter le tâtonnement expérimental ;
  • Permettre et favoriser l’expression libre sous toutes ses formes ;
  • Permettre et favoriser  l’échange et la communication
  • Mettre en oeuvre une organisation coopérative. « J’ai posé comme principe essentiel de notre vie scolaire que les enfants doivent être capables de se diriger, de s’organiser, de chercher eux-mêmes les modes d’organisation susceptibles de servir le groupe. »[15] ;
  • Favoriser l’élaboration avec les enfants de règles de fonctionnement, de vie ;
  • Installer un milieu éducatif équipé et organisé (le « matérialisme pédagogique »)
  • Installer des conditions de travail favorisant la confiance, la sécurité et le plaisir[16] . « Créer le climat favorable à l’épanouissement que nous souhaitons et que nous préparons est un des premiers devoirs pédagogiques. »[17]
  • Instaurer l’entraide et des pratiques socialisantes. « A mesure qu’ils acquerront le sens de l’entraide et de la sociabilité, les élèves accéderont à un nouveau stade de l’éducation, celui de la différenciation lente des métiers. »[18 ]
  • L’élaboration de curriculum pour chaque enfant pour permettre et faciliter des expériences de vie, des constructions de savoirs  où chacun trouvera la voie de son développement en agissant sur son environnement et sur lui-même, en fonction de ce qu’il est.
  • Articuler les activités et apprentissages  collectifs, en petits groupes et individuels.
  • Mettre en oeuvre la personnalisation des apprentissages

« L’école doit prendre les enfants tels qu’ils sont, partir de leurs besoins, de leurs intérêts véritables – même s’ils sont parfois en contradiction avec les habitudes sociales ou les idées des éducateurs -, mettre à leur disposition les techniques appropriées et les outils adaptés à ces techniques, afin de laisser librement s’amplifier, s’élargir, s’approfondir et se préciser la vie dans toute son intégrité et son originalité. »[19] ;

  • Responsabiliser les enfants par la contractualisation des activités et des apprentissages ;
  • Permettre l’éducation et l’apprentissage de la liberté au sein d’un groupe coopératif ;

[1] : CLARTE, n°47 – 15/11/1923

[2] : CLARTE, n°49 – 15/12/1923

[3] : C. FREINET in CLARTE, n°35 -5/5/1923.

[4] : Science ou théorie de l’action ou connaissance des lois de l’action humaine. Elle étudie les méthodes qui permettent d’arriver à des conclusions opératoires. Se rattache à la programmation et à la cybernétique. MIALARET G. Vocabulaire de l’éducation, 1979.

[5] : C. FREINET in CLARTE, 1925.

[6] : Cf. Les travaux de MONTAGNER et de TESTU

[7] : L’imprimerie à l’école, n° 43, Juin 1931

[8] : Cf. WALLON, PIAGET.

[9] : CLARTE, n°62 – 1/7/1924

[10] : Les invariants pédagogiques, B.E.M. n°26, CEL, 1964

[11] : CLAPAREDE E., L’éducation fonctionnelle, Delachaux, 1931

[12] : M. DEMAREST, 1975

[13] : A. GIORDAN, Les origines du savoir, Delachaux, 1987

[14] : La construction de l’intelligence dans l’interaction sociale, A-N. PERRET CLERMONT, Lang, 1979

[15] : L’imprimerie à l’école, n° 32, Mars 1932.

[16] : Cf. les travaux de CHANGEUX

[17] : C. FREINET au Congrès de la Ligue pour l’Education Nouvelle, 1939.

[18] : CLARTE, n°62 – 1/7/1924

[19] : L’imprimerie à l’école, n° 33, Juin 1930.